Hiro Shinji a écrit :Euh... Ai-je dis une seule fois que j'avais pas compris le message que voulait faire passer le film ? Merci mais ça frappe quand même assez bien le spectateur.
Tu semblais dire que le film n'avait aucun message et n'était qu'un objet de divertissement.
Hiro Shinji a écrit :C'est pas comme si ça empêchait les méchants d'y foutre le feu à cet arbre, puisque les lois de la gravité te semblent si chères.
C'est un bon point.
En fait, je ne me rappelle plus vraiment de quoi a l'air cette scène dans le film. Comme j'ai dit, je me fie surtout au roman. Dans mon souvenir, le film est assez fidèle, à quelques exceptions près. Mais dans le roman, là je suis catégorique, ça tient très bien la route.
Le truc peut-être, c'est qu'ayant lu le roman, lorsque j'ai vu le film, j'étais déjà en possession d'informations additionnelles. Le récit étant à la première personne, on a accès aux réflexions de Katniss et il me semble qu'elle parle bien de l'incapacité de ses adversaires à la toucher. L'auteur ne laisse pas vraiment de marges de manoeuvre, elle a pensé à tout. Du coup, peut-être bien que c'est moins bien mis en scène dans le film, que c'est moins crédible parce que tout doit jouer sur l'aspect visuel, ce qui est parfois assez handicapant. Faudrait que je le revois.
Hiro Shinji a écrit :Et oui dormir, parce que j'ai dû mal à imaginer que personne n'ait eu l'idée de se réveiller en pleine nuit pour faire un carnage. Je sais pas si t'as regardé Battle Royal, mais j'ai trouvé l'aspect survie beaucoup mieux retranscrit dans ce dernier.
Je commence à me demander si mes souvenirs du film ne sont pas plutôt des souvenirs du livre que j'associe malgré moi au film en sachant qu'il était relativement fidèle. Parce que dans le roman, c'est bien dit qu'il y a des massacres la nuit, c'est d'ailleurs pour ça que Katniss se terre dans un arbre pour pieuter (ce qui légitimise cet acte, puisqu'elle y est en relative sécurité). Sinon, les seuls autres qu'on voit dormir, c'est les connards au pied de l'arbre, mais cette fois, c'est vraiment pour les raisons que j'ai citées : ils ont une confiance aveugle en eux-mêmes, ne s'imaginent pas une seconde pouvoir être à leur désavantage, du coup oui ils dorment pendant que leur proie se cache dans l'arbre. Mais en même temps, qu'est-ce qu'ils auraient pu faire de mieux ? Ils sont incapables de la tuer pendant qu'elle est là-haut, du coup ils font une espèce de siège, attendent qu'elle redescende d'elle-même.
Par ailleurs, c'est bien beau de faire un carnage la nuit, mais encore faut-il trouver les victimes de ce carnage. Le terrain de "jeu" est immense, alors si tu crois être à l'abri ou loin de tes potentielles victimes, il est tout à ton avantage de dormir un peu. Enfin bref.
Hiro Shinji a écrit :Je te renvoies ta remarque. Dans n'importe quel film d'action, le héros doit souvent tuer des gens, c'est pas pour ça que certains sont pas manichéens. Tu prends un blockbuster américain avec des russes et des gentils américains. Les russes sont entrainés pour ça, ils sont méchants, les gentils américains sont gentils, mais ils peuvent quand même tuer les russes vu qu'ils sont méchants de toute façon. Ça pour moi c'est manichéen.
Ce n'est pas la même chose. Même si je concède que ça peut s'en rapprocher. La subtilité se trouve dans le contexte.
Premièrement, les "méchants" ne sont pas les réels méchants du film. Ils ne se battent pas pour une cause opposée à celle des gentils, ils se battent pour la même chose que ceux-ci, à savoir le droit à la vie. En ce sens, aucun ne prévaut sur l'autre, il n'y a pas de confrontation d'idéologies (ce qui est obligatoire pour qu'il y ait manichéisme). Il n'y a donc pas de réelle distinction entre le bien et le mal, ce n'est que de la survie, l'homme se bat pour ses besoins fondamentaux, et en ce sens il n'y a rien de condamnable dans le comportement de ces méchants, ils ne font que ce qu'on attend d'eux, que ce qu'on attend aussi de Katniss et des "gentils".
Alors oui, les Russes aussi sont "entraînés pour tuer", mais ils se battent aussi pour une idéologie associée au mal. LÀ c'est manichéen, puisqu'on dit "tel individu est mauvais car il se bat pour telle idéologie", ce qui est parfaitement faux (il existait des Nazis qui méprisaient le nazisme, après tout). Mais voilà, dans Hunger Games, tout le monde est égal. C'est comme mettre un mouton et un loup ensemble dans une cage. T'aurais peut-être le réflexe de privilégier la survie du mouton, mais le loup a autant le droit d'aspirer à la vie et donc de se nourrir du mouton. Voilà pourquoi ton idée de manichéisme bloque, selon moi.
Cela dit, si tu veux réellement trouver des méchants, tu dois te tourner vers le gouvernement, ou carrément les habitants de la capitale qui assistent à cette effusion de sang. Ce que montre le film, c'est que même les plus atroces personnages des Hunger Games sont en réalité des victimes de ce gouvernement totallitaire qui les oblige à s'entretuer pour le plaisir des spectateurs.
Là tu pourrais trouver une certaine forme de manichéisme, mais même, ce manichéisme s'estompe à la minute où Katniss rencontre ceux et celles qui la préparent pour l'événement. Là je t'avoues qu'il me semble que c'est assez mal retranscris dans le film. Dans le roman, Katniss passe plusieurs mois parmi eux, à s'entraîner, manger, se préparer mentalement aux Hunger Games. Dans le film, ils passent très vite ces scènes pas très actives (parce que sérieusement, la moitié seulement du roman est consacrée au jeu, et c'est pire dans le second tome, où là c'est seulement le quart. Cette lenteur n'est pas nocive pour un roman, au contraire, mais pour un film, je peux comprendre que ça pourrait être barbant, surtout quand on voit tous ces trailers qui focalisent sur le jeu de la mort). Mais donc, pendant tout ce temps passé aux côtés d'habitants de la capitale, Katniss se rend elle-même compte que malgré leur superficialité, leur manque de profondeur intellectuel (jamais ils ne remettent en question la légitimité des Hunger Games, alors que ceux-ci les forcent à faire le deuil perpétuel des enfants qu'ils rencontrent et auxquels ils s'attachent) et leurs manières de bourgeois, ce sont de bonnes personnes. Ceci me fait drôlement penser à Germinal de Zola, où des bourgeois sont mis en scène et où on les vois traiter des ouvriers comme de la merde, mais au fil du roman, on se rend compte qu'en fait ils sont davantage ignorants que réellement méchants (comme nous tous, en fait). C'est pas du manichéisme, ça, au contraire, puisqu'on va jusqu'à nous montrer la bonne facette des prétendus méchants.
Donc oui, je crois que tu te trompes concernant le manichéisme. Je pense que justement cette série tend à détruire toute idée de manichéisme en présentant des personnages qui ne sont jamais tout à fait méchants ou jamais tout à fait gentils (c'est particulièrement vrai dans les deux derniers tomes).
Hiro Shinji a écrit :Je m'en fous, Nanard. Y a des films que j'aime beaucoup que Couac n'aimera pas et vice versa. Ça veut rien dire.
Tu as raison, je disais ça juste parce que Couac est tellement difficile à combler cinématographiquement que perso ça me comble de bonheur qu'il ait relativement aimé le film (même s'il y trouve des points négatifs, car moi aussi je peux en trouver, mais plus au niveau comparaison entre le roman et le film)
Hiro Shinji a écrit :Par exemple, à un moment l'héroine est blessée et dort pendant 2 jours, il se passe des trucs en deux jours, c'est pas comme si les méchants avaient pas eu le temps de les dégotter.
Je t'avoues que ça c'est un gros problème du film par rapport au livre : le temps qui passe. Le roman joue énormément avec l'impression de solitude de Katniss, car pendant plusieurs jours, elle ne croise pas un chat. Le terrain est gigantesque et les autres sont en train de s'entretuer au loin, pendant qu'elle fait ses petites affaires. C'est pas très bien rendu dans le film, je commence à m'en souvenir. Mais vraiment, la seule raison pour laquelle elle n'est pas trouvée c'est parce que les autres sont occupés à faire autre chose. Ils se sont groupés en gangs pour traquer les "petits joueurs" et bah... ils sont occupés à traquer les autres quoi.
Moon a écrit :Il peut se tromper ou être passé au dessus du film et si son avis peut aider un potentiel spectateur à faire son choix de le voir ou non, tant mieux mais je pense que l'avis le plus important qui compte reste le "mien" (l'avis du spectateur quoi) et ne surtout pas prendre un avis comme argumentaire.
Je suis tout à fait d'accord. Je ne disais pas vraiment ça pour dire "Couac a aimé donc c'est bon alors tg", je suis juste relativement surpris qu'il ait aimé tant il aime jamais rien, du coup je m'en suis servi comme petite vanne, mais c'était pas vraiment un argument.
De toute façon, justement Couac est tellement à fond dans le cinéma qu'il n'a absolument pas les mêmes critères pour apprécier un film. Pour lui, la photographie c'est très important (comment il bashait les plans de caméra pourraves de Spider-Man) alors que moi je m'en tamponne royal. Dans le même style, je ne fais pas attention aux mêmes détails lorsque je lis un roman que lorsque tu en lis un : je suis hyper attentif aux effets de style, à la poétique, aux éclatements narratifs et formels, alors que la plupart des gens ne s'attardent qu'au récit lui-même (ce qui n'est pas un mal, c'est juste une façon différente d'apprécier une même chose).
shylink a écrit :J'ai vraiment l'impression qu'on a pas vu le même film. Moi j'ai vu un film avec aucun dilemme moral justement (ou en tout cas, c'est pas mis en avant comme ça aurait du l'être). Puisque les "méchants" sont vraiment des "gros enculés stéréotypés". C'est pas réaliste j'ai trouvé ça vraiment plat, alors que le concept aurait pu être vraiment bien. Tout est trop stéréotypé dans ce film pour qu'on puisse se poser les vraies questions philosophiques intéressantes.
Mais Shy, fais juste te positionner dans le contexte : ce sont des adolescents qui ont été embrigadés depuis leur tout jeune âge pour devenir des bêtes meurtrières sans scrupule et sans peur, pour ainsi remporter le tournoi et apporter l'honneur à leur district. Comment veux-tu donc qu'ils ne soient PAS "stéréotypés" ? Franchement je vois pas. Quand on pense, aussi, que des gens comme ça, IL EN EXISTE dans les lycées, les collèges, etc. Ceux qui intimident les plus jeunes, leur volent leur argent, les humilient sans se poser de questions. Putain, je l'ai vécu et je vois pas tant que ça la différence entre tenter de tirer des flèches sur quelqu'un ou le plaquer au sol pour lui foutre de la neige dans les pantalons ou de la terre dans la gueule (révélation sur ma vie, yeah) Même que, franchement, je trouve le comportement des brutes dans Hunger Games bien plus légitime, dans le sens où ils se battent eux aussi pour leur droit à la vie, et qu'en plus ils ont été quasiment conçus pour faire le mal. Du coup, je vois mal en quoi ils sont si stéréotypés que ça, ou, s'ils le sont bel et bien, en quoi est-ce un mal.
Surtout que, de toute façon, peut-être sont-ils bien plus profonds que tu ne peux le penser. Seulement, on ne les voit qu'en surface, on ne voit donc que l'aspect superficiel de ces gens qui agissent comme des brutes notamment pour gagner une place dans la "chaîne alimentaire", ce qui se voit aussi beaucoup dans les écoles. J'ai d'ailleurs AUSSI été une "brute" et j'emmerdais des gens uniquement par méchanceté gratuite, par désire d'expier ma propre colère (ce qui pourrait aussi être le cas des enfants du film qui, je te rappelle, sont destinés MALGRÉ EUX à se battre pour avoir le droit d'exister, ce qui est absolument dégueulasse en soi), par désire de me remonter socialement (les adolescents ont plus tendance à se regrouper autour des figures fortes, simple question d'identification, parce que t'as envie de t'identifier aux forts, aux gagnants, ce qui explique par ailleurs pourquoi les "brutes" sont toutes ensemble dans le film)
Et concernant la "critique" de Nioutaik, je pense que c'est le pire ramassis de merde jamais dites au sujet d'un film. Le type fait tellement preuve de mauvaise foi éhontée que ça en est risible et pitoyable. Cette façon de faire grotesque va à l'encontre du concept de "critique" qui se veut constructif et pas uniquement un enchaînement d'arguments bidons à caractère humoristique destinés à dénigrer et à démolir injustement une oeuvre. Franchement, je pourrais sortir le même genre de conneries pour basher Harry Potter, le Seigneur des Anneaux, Star Wars ou n'importe quoi du genre, style "un enfant de douze ans qui défonce un serpent de quarante mètres de long alors que moi à cet âge j'avais du mal à battre Sephiroth MEROUIIIIIIIIII" ou bien "George Lucas, qui a probablement appris les lois de la physique dans une boîte de céréales, ne sait probablement pas que le son ne peut se propager dans le vide de l'espace et donc que toutes les scènes de batailles galactiques auraient dû être silencieuses" ou encore "et soudain, un mage tout blanc et lumineux surgit sur un rocher comme Jésus de Nazareth et OH MON DIEU C'EST SAROUMANE ON VA TOUS MOURIR mais en fait non, mais chut, on le saura juste dans dix minutes, le temps de regarder encore une fois une scène inutile avec un énième gag de nain qui court lentement". Sérieux, les possibilités sont illimités si on désire être un pur connard, ou comme il dirait "PURE EVIL" hahaha... Non, franchement, je suis actuellement des cours de journalisme culturelle, cette pratique est fortement critiquée par le milieu car elle ne s'appuie que sur une rhétorique complaisante et humoristique destinée à chercher l'appui du lecteur par la provocation de son rire. De la belle merde, donc.