El Señor Toulou
| La réalisation | 4.75/7 |
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| Homogénéité | 1.75/3 |
| Pertinence graphique | 2/3 |
| Soin | 1/1 |
| Le fond | 9.75/13 |
|---|
| Scénario et mise en scène | 2.75/5 |
| Originalité et aboutissement | 3/4 |
| Exploitation du thème | 4/4 |
| Total | 14.50/20 |
|---|
Voilà une histoire qui m'a beaucoup touché. C'est clairement un SC qui va rester dans les mémoires du tournoi, en tout cas pour ma part. Pourtant, y a trop de choses qui pêchent et qui tâchent la qualité générale de ton histoire.
On commence par
la forme, là où tu perds une majorité des points. Les effets ne sont pas spécialement beaux ni très bien incrustés, le bord des bulles colle parfois un peu trop au texte, ça te vaut une belle perte dans
Homogénéité. De plus, "Reality City" n'est pas spécialement très original, juste des immeubles agrandis un peu à l'arrache, c'est pixélisé, dénué de fond, bref, un peu pauvre, ce qui te vaut une légère perte dans
Pertinence graphique. Je pense que le contexte ne justifie pas cette pauvreté. Tu aurais peut être dû te contenter de quelque chose de plus simple et efficace, trouver d'autres décors, éviter à tout prix des modifications techniques sachant que c'est ton point faible.
C'est loin d'être catastrophique malgré tout, tes personnages ne sont pas statiques, ils vivent beaucoup, ne serait-ce que par leurs expressions. Un certain soin est passé par là (même si y a beaucoup de fautes d'orthographe, c'est dommage. Mais bon, je t'ai pas pénalisé là-dessus vu la quantité de texte). Tout ça te fait monter
Pertinence graphique et te fait dépasser la moyenne en
réalisation.
Tu te rattrapes assez largement dans
le fond. Y a beaucoup de choses à dire, à commencer par le positif :
Le message derrière ton histoire est complet, fort et accessible. Le scénario est lui aussi surprenant. On ne s'attend pas du tout à de tels rebondissements, tu arrives à captiver ton lecteur et l'inviter à lire la suite. L'histoire en elle-même est assez originale (mais pas tant que ça, j'y reviendrai), la fin est frappante même si elle peut prêter à confusion (j'y reviendrai aussi), et surtout, tu réussis ton pari de mettre en relief la notion de liberté. En ce sens, y a pas à discuter, je t'ai mis le max dans
Exploitation du thème. J'ai tenu à valoriser ton histoire via ce critère, tu le mérites. Le problème, c'est que cette mise en relief de la liberté et le message global que tu as voulu faire passer sont à peu près les seuls gros points positifs de ton histoire.
Oui, parce que beaucoup de choses m'ont gêné. La première concerne une mise en scène parfois peu originale, comme le robot qui raconte son histoire "comme ça", le mec qui emmène le héros à l'entrée du big boss parce "qu'il a rien d'autre à foutre". Bref, évidemment tous ces enchainements sont calculés et sont là pour faire avancer l'histoire, mais ça se voit "trop" que ça "devait" se passer comme ça. Le manque de raison, de solutions ou de mise en perspective manquent, tu fais juste avancer ton histoire sans vraiment chercher à faire évoluer le background derrière. Ça te vaut une sacrée perte dans
Scénario et mise en scène.
De plus, même si elle est forte et efficace, ton histoire est assez clichée. Ça marche, c'est pas le problème, mais elle n'est pas "si" originale que ça. Alors, à relativiser parce qu'il y a d'excellentes idées dedans, comme la création du robot, l'emprisonnement des consciences etc... Mais à côté de ça, on retrouve un méchant assez typé qui tue tout ceux qui ne blairent pas sa cité, un personnage assez manichéen. Face à ce personnage, il est clair que tu voulais faire le rapprochement avec le totalitarisme. Pourquoi pas, mais c'est trop prévisible et assez expéditif.
Certaines choses ne sont pas non plus très claires. Pourquoi créer un robot avec une conscience humaine ? Pourquoi ne pas juste enfermer les mecs dans leur tube point barre (au-delà d'avoir voulu éviter de copier Matrix) ? Pourquoi avoir laissé un robot un peu con faire sa petite cité et tuer qui il veut ? Si certains personnages sont réels et d'autres non comme précisé avant dernière planche, pourquoi on dirait à la fin que les tubes sont des trucs tout nouveaux qui marchent pas ? Et du coup, qu'est ce que le système d'isolation de consciences et l'existence même du robot si tout ça, de base, ne marche même pas ?
Bref, tout ça ne semble pas très cohérent, on sent que tu as voulu construire quelque chose et faire un truc assez poussé. Ça t'a visiblement perdu parce qu'à la fin de la lecture et en prenant du recul, on se rend compte des nombreux flous.
En conclusion, ton histoire a le mérite de vraiment mettre en relief la liberté. On se questionne sur cette notion. Etre libre de penser ne suffit-il pas ? Avoir faim et soif veut-il dire que nous ne sommes pas complètement libres ? La liberté de mouvement suffit-elle ? etc... Bref, beaucoup de choses y sont. Dommage que ton histoire semble complètement se perdre au fur et à mesure de son avancement. Quelques explications supplémentaires auraient peut être été nécessaire pour clarifier le background. Dans le cas où il y en aurait un que je n'ai pas compris (possible aussi).
Mme Doloko
| La réalisation | 6.25/7 |
|---|
| Homogénéité | 2.5/3 |
| Pertinence graphique | 2.75/3 |
| Soin | 1/1 |
| Le fond | 10.25/13 |
|---|
| Scénario et mise en scène | 4.5/5 |
| Originalité et aboutissement | 2.75/4 |
| Exploitation du thème | 3/4 |
| Total | 16.50/20 |
|---|
Ah ah ! Inspiration de la Ferme des animaux d'Orwell ? J'ai beaucoup aimé ton histoire, t'as dû prendre un temps fou à faire tout ça, ton œuvre est complète et intéressante.
Tout d'abord
la forme. J'imagine que tu te souviens du fameux débat pour savoir si ta planche est un SC ou non. C'est pas très important dans notre cas, j'ai plutôt cherché à juger ta planche telle qu'elle est. J'ai retiré des points dans
Homogénéité par rapport aux expressions des personnages. On pourrait penser que ça crée un contraste, comme un paradoxe, pourtant certaines situations méritaient clairement quelques changements d'expression. Ne serait-ce que vers la fin où le maire est dans une situation assez catastrophique.
C'est pas vraiment méchant cela dit. D'ailleurs, tu as quasi le max dans
Pertinence graphique. Ta réalisation sert terriblement bien ton histoire et contient de très bonnes idées : la première personne au début, les nombreux changements de plan, les transitions, découpages, c'est de l'excellent boulot. On est pas sur du "bête" screen, y a tout de même un travail qui s'est ajouté par dessus. J'ai retiré 0.25 à cause de l'affichage de l'argent qui fait un peu tâche. J'imagine que tu n'as pas réussi à enlever ces trucs.
Peu de choses à dire sur
la forme donc. Le soin et la qualité sont là, y a pas photo. Le
fond maintenant.
Tout d'abord, ton histoire se lit terriblement bien. Les évènements s'enchainent de manière fluide sans que tu perdes ton lecteur. C'est bien raconté, réfléchi, on sent que tu as vraiment posé ton truc sans te précipiter. L'histoire en elle-même fait le tour de pas mal de sujets sur la liberté même si elle effleure ce thème plus qu'autre chose (ce serait plutôt "dictature" ou "totalitarisme" là, mais vu que l'un implique un manque de liberté, on est dedans quand même).
J'ai particulièrement aimé l'évolution du maire au fil des planches qui va toujours de plus en plus loin. Jusqu'au meurtre. C'est assez typique du genre finalement. Peut être un peu trop justement, ayant lu la fameuse œuvre d'Orwell, ton histoire est presque identique sur la structure. Même sur la fin. Ça te vaut une perte dans
Originalité et aboutissement, c'est assez prévisible. Bon, je suis un peu difficile, j'admets, beaucoup n'ont pas spécialement lu les œuvres d'Orwell et même, c'est toujours sympa de revisiter un sujet. C'est d'ailleurs un peu le but ici, j'ai presque vu ça comme un hommage.
Pourquoi pas donc. J'ai malgré tout été assez sec sur ce critère, ne serait-ce également pour la fin que j'ai trouvé assez expéditive (pourquoi le maire s'en sort-il si bien ? Affaire du poil de cul ?) En fait, ce qui rattrape vraiment toute cette histoire, c'est la construction, la mise en scène et l'évolution du personnage. D'où les points élevés dans
Scénario et mise en scène.
Cela dit, ton histoire raconte ce que l'on sait déjà tous plus ou moins. Le peuple est une chose manipulable, le pouvoir monte à la tête etc... J'ai trouvé dommage que tu ne mettes pas plus en perspective d'autres notions de liberté, comme celle de penser (plutôt sur 1984 du coup). Tu as donc une perte dans
Exploitation du thème, je suis sûr que tu peux faire bien mieux que revisiter une œuvre.
En bref, une histoire très efficace et clairement réussie sur sa construction et sa mise en scène. Dommage que l'idée en elle-même ne soit pas vraiment nouvelle et donne une impression de déjà vu. Tu arrives tout de même à dégager une certaine personnalité à ton histoire, ça reste une œuvre d'excellente qualité.