Rapports sociaux et position sociale

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Rapports sociaux et position sociale

Message par Kroki » 01 sept. 2017, 22:10

J'ai finalement lu ce papier dont je vais poster le lien et qelques extraits et pis voilà tout. Et j'en fais un topic à part parce que c'est agréable.
De la masculinité à l’anti-masculinisme : Penser les rapports sociaux de sexe à partir d’une position sociale oppressive
:arrow: Le lien de l'article

Par Léo Thiers-vidal, avec Christine Delphy et d'autres chercheuses que je connais pas. Ça date de 2002.
Ça s'inscrit dans une perspective matérialiste.

Synopsis au dos de la jaquette :
Dans cet article, je propose une réflexion sur la manière dont les chercheurs-hommes engagés dans la lutte contre l’oppression des femmes par les hommes peuvent optimiser leur efficacité politique et scientifique dans l’analyse des rapports sociaux de sexe[1]. En effet, lorsqu’ils prétendent produire des analyses non-biaisées et pertinentes, ils sont confrontés à une double difficulté : d’une part comprendre pleinement des analyses féministes qui désignent leur existence comme source permanente d’oppression des femmes ; d’autre part apprendre à gérer les conflits intérieurs qui en découlent de façon à leur permettre un regard productif, impliqué autant que distancié, sur leur construction et leur action oppressives.
C'est pas facile facile, je suis toujours infoutu de comprendre ce que veut dire épistémologique/ment, le mot préféré des chercheuses/rs... OTL
Cela dit ça reste globalement assez clair, et si de base le propos s'intéresse à des conditions de recherche (donc à la production d'analyses) la grille de lecture proposée est intéressante même en dehors de cette perspective.

Ici le terme masculinisme ne désigne pas un mouvement des droits des hommes (...), mais la vision hégémonique androcentrée (donc : le fonctionnement de base de la société, qui tourne autour des hommes, ce fonctionnement étant assimilé par chacun).
L'anti-masculinisme désigne donc un processus de détachement du chercheur homme de son groupe social, c'est la problématique de tout l'article donc je vais pas développer.

Quelques extraits :
Spoiler :
[*camping anti-patriarcal organisé suivant un mélange d'ateliers mixtes et non-mixtes]

Les féministes présentes au camping* ont interprété de façon politique leurs expériences parce que seule cette politisation répondait à leur intérêt objectif : pouvoir élaborer des outils conceptuels permettant d’agir efficacement contre une réalité oppressive. Ce qui a motivé ces femmes c’est précisément le fait que qualifier les hommes d’oppresseurs et leur action d’oppressive correspond à dire ce qu’il en est dans la réalité – et que ceci est source d’émancipation. Au contraire, les hommes engagés n’avaient pas interprété leurs expériences de façon politique car cela les aurait renvoyé à une réalité masculine constituée d’infliction de violences, d’exploitation, d’appropriation et de non empathie envers les femmes. Or, les hommes, s’ils veulent maintenir leur qualité de vie matérielle, psychologique, sexuelle et mentale, ont intérêt à se cacher à eux-mêmes le caractère oppressif de leurs rapports avec les femmes. Ce qui les motive pour participer à ces dynamiques de groupe, c’est de pouvoir parler d’eux-mêmes, « ce qui [les] préoccupe, c’est l’homme, c’est-à-dire [eux-mêmes], encore et toujours » (Mathieu, 1999 : 308). Ils thématisent alors volontiers le « rôle de sexe » ou « carcan » masculin - c’est-à-dire ce en quoi ils pourraient également se sentir victimes - ou ce qui relève d’autres oppressions, en faisant l’impasse sur leur propre action oppressive. Ainsi, c’est bel et bien l’androcentrisme qui caractérise les dynamiques et analyses masculines engagées. Cet androcentrisme consiste en un égocentrisme affectif et psychologique qui octroie une place démesurée à ses propres sentiments et vécus, et en un égocentrisme politique où le féminisme est un outil pour améliorer son propre sort.

[...]

Le féminisme fonctionne alors comme un outil thérapeutique destiné à améliorer la qualité de vie masculine : les hommes utilisent l’analyse féministe pour transformer leur vie dans le sens de plus de bien-être ; si cela ne marche pas, alors ils rejettent le féminisme.
C'est très très intéressant, et ça résonne énormément avec les mouvements mascu, groupes de pères etc qui se focalisent entièrement sur cet aspect. Ex : Happy Men, l'organisation mascu avec qui a travaillé le Secrétariat des droits des femmes au début du mandat Macron (j'ai pas suivi depuis)
L'aspect thérapeutique est aussi au cœur des théories libérales du genre et de la sexualité. On met de côté le politique pour revenir au développement personnel (égocentrisme).
Je précise bien sûr que je ne pense pas l'égocentrisme, le thérapeutisme (?), ou le développement personnel comme mauvais en soi : les individus ont besoin de vivre. Mais là il est question de politique, et c'est l'erreur des théories libérales qui mélangent ces deux aspects de développement personnel et d'analyse/lutte politique.

Cette division personnel/politique (qui revient pas mal dans le papier) m'inspire un autre truc, au sujet de la dichotomie d'échelle individuelle/collective :
Collectivement les femmes gagnent du féminisme, mais elles y perdent individuellement (car ça les met face aux représailles du masculinisme (pas vraiment abstrait, ça peut se traduire par des violences concrètes))
Collectivement les hommes perdent au féminisme (puisque fin du patriarcat = fin du privilège), mais ils gagnent individuellement à s'en dire sympathisants, car ça leur confère un statut.
(L'asymétrie à l'échelle collective est.. juste, à la base de la lutte féministe. L'asymétrie à l'échelle individuelle est le problème avec les profems. En les imbriquant je trouve sinistrement insolite l'inversion que ça donne. Comme quoi les hommes ont tout intérêt à ce que la lutte soit dépolitisée et ramenée à l'échelle individuelle)

-
Spoiler :
[Sur l'expertise des féministes et des chercheurs hommes]
Ces expertises sont asymétriques dans la mesure où les femmes accumulent des informations, sentiments, intuitions et analyses qui partent des conséquences violentes de l’oppression qu’elles subissent pour remonter vers la source de celle-ci, élaborant ainsi des connaissances sur les rapports concrets qu’elles vivent. Dans la mesure où le vécu féminin est en permanence marqué par les effets de l’oppression cette expertise prend une place importante, reste souvent consciente et concerne la dynamique oppressive en tant que telle. Au contraire, les hommes accumulent depuis l’enfance des informations, sentiments, intuitions et analyses sur le maintien et l’amélioration de leur qualité de vie puisque ils n’ont pas, en tant qu’hommes, à « rendre des services » ni à se soumettre aux femmes. Aussi ce qu’ils apprennent au quotidien dans leurs rapports avec les femmes reste-t-il axé sur eux-mêmes : une plus grande écoute des femmes est susceptible de remettre en cause leurs comportements et donc de leur coûter de l’énergie psychique et affective, voire l’abandon ou la perte d’avantages concrets ; par ailleurs, quand ils dévoilent leur fonctionnement affectif, cela peut offrir des moyens de résistance aux femmes mais cela peut aussi leur rapporter, à eux, soulagement et soutien thérapeutique de la part des femmes ; un bon dosage de froideur et de distance décourage toute initiative de la part des femmes tandis que l’expression d’intérêt et d’attachement permet d’obtenir certains services affectifs et sexuels.
Très efficace la réappropriation par le masculinisme. L'extrait suivant est dans la même veine.
Spoiler :
Prenons un exemple pour concrétiser cette piste de réflexion, celui de la socialisation masculine. De nombreux chercheurs-hommes engagés l’analysent avant tout comme un lieu de violences pour les hommes, créant différentes formes de masculinité et produisant des « carcans » emprisonnant les hommes, puis ensuite et seulement ensuite comme la source de violences envers les femmes. Ce type d’analyse pense mal, à mon avis, le lien entre cause et effet, exagérant souvent les effets négatifs sur les hommes. Analyser la socialisation masculine avant tout à travers ses effets négatifs sur les hommes (sens masculiniste) empêche en effet de penser que cette socialisation a d’abord pour but et pour effet d’apprendre à une génération d’enfants de devenir des acteurs de l’oppression des femmes (sens féministe). Et si l’apprentissage d’une façon d’être au monde et d’une vision du monde masculinistes peut avoir des coûts secondaires, elle permet avant tout de jouir de privilèges structurels incomparables pour le reste de sa vie.
[…]
Apprendre, par exemple, à ne pas exprimer d’émotions ou à les exprimer sélectivement et à certains moments précis, renforce les hommes dans leur rapport aux femmes : « exprimer ses émotions tend fortement à réduire sa position de pouvoir, le pouvoir ayant de forts liens avec la non-expression de vulnérabilité » (Monnet, 1998 : 197). La thématique de certains chercheurs–hommes, de favoriser l’expression d’émotions chez les hommes, apparaît comme l’apprentissage de l’un des moyens de pouvoir. Les chercheurs-hommes engagés doivent au contraire envisager la socialisation masculine comme constituant différentes façons d’apprendre, souvent avec plaisir et jouissance, à se construire une subjectivité, une corporalité, une sexualité qui permettent à la fois de se servir des femmes et à n’en éprouver ni gêne ni remords.
-

L'extrait suivant s'inscrit dans le premier des 2 temps que l'auteur distingue qui "permettraient aux chercheurs-hommes engagés de transformer leur subjectivité particulière".
Je ne vais pas détailler les 2 temps.
Spoiler :
A l’instar de David Kahane (1998), on peut identifier quatre modes d’engagement. Le poseur veut bien être perçu comme « pro-féministe » mais s’implique de façon superficielle, il refuse d’appliquer ces analyses à ses propres tendances théoriques et pratiques. L’insider s’engage politiquement dans le projet féministe mais voulant garder une image positive de soi, il ne remet pas en cause son comportement genré et projette le patriarcat sur les autres hommes. L’humaniste perçoit le patriarcat comme source de bénéfices mais aussi de dommages pour les hommes et privilégie un ordre du jour masculin, mettant en avant des malaises et douleurs supposés liés à la masculinité. Finalement, l’auto flagellateur combine une connaissance relativement approfondie des thèses féministes avec une intolérance pour l’ambiguïté : marqué par la culpabilité et l’intransigeance, il se retire à moyen terme dans les idéals-type précédents. Ces quatre modes d’engagement nous rappellent les éléments déjà discutés au sujet des (chercheurs) hommes engagés : le faux choix entre reprise mimétique et culpabilisée des analyses féministes et élaboration d’un propre ordre du jour masculin peut être compris comme opposant l’humaniste et l’auto flagellateur, tandis que l’égocentrisme affectif, psychologique et politique des hommes engagés traverse de façon différente les quatre modes d’engagement. De fait, un centrage psychologique sur soi-même et ses propres résistances psychologiques continue de prédominer puisque ce premier temps est intellectuel et souvent individuel. Cette catégorisation des attitudes pendant le premier temps de compréhension adéquate des théorisations féministes classifie avant tout les différents degrés de deuil auxquels sont parvenus les différents individus quant à l’imaginaire et la vision du monde masculinistes.
"Le deuil de l'imaginaire masculiniste", marrante image.

-

Ce dernier extrait s'inscrit dans la description du deuxième temps :
Spoiler :
Il ne s’agit pas seulement d’identifier les stratégies et les techniques d’autres hommes mais également d’analyser de quelle façon nous-mêmes continuons de les utiliser, y compris dans un contexte féministe.
Je pense que c'est assez cool pour conclure. Au début de ce post je parlais de "processus de détachement du chercheur homme de son groupe social" mais il faut pas s'imaginer que c'est 1) vraiment possible 2) et que ça mène à un état permanent. 'article pose pas mal de crans de sécurité sur cette idée.
Si ce processus est souhaitable (et pour le coup je n'en suis pas convaincu, pas convaincu qu'il y ait un intérêt à des chercheurs hommes, le papier n'explore pas concrètement les apports que ça pourrait avoir alors je me figure mal), donc si ce processus est souhaitable, il est constant et il ne peut fonctionner que par des vas et viens.

Comme une lutte, finalement.

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Re: Rapports sociaux et position sociale

Message par Moon » 02 sept. 2017, 00:31

J'ai lu l'article en question et même s'il demeure intéressant de base, j'ai quand même des remarques/questions d'ordre méthodologique :

- Il aurait été intéressant de varier la composition des groupes comparés.
En effet d'un côté, il est notion quasiment que de féministes radicales et je pense que partager l’expérience avec d'autres femmes qu'elles soient sensibilisées ou non à la cause afin de garantir un aspect le plus large et plus représentatif de la cause féminine.
Ici, même si leurs retours est important, et comme il est fait mention dans l'article, je pense que les affects et les expériences personnelles sont extrêmement fortes si bien que ça ne laisse que peu de place au dialogue.

Désolé par avance de la vilaine comparaison mais c'est comme si on faisait un groupe de dialogue entre femmes violées et qu'on y plaçait un mec (pas forcément violeur), qu'il parle de lui ou même fasse preuve d'empathie, ... Je ne vois pas ce qu'un tel échange puisse apporter de constructif. Les affects sont beaucoup trop fort et qu'importe comment on peut être empathiques, on ne peut effectivement pas se mettre à leur place et encore moins de faire un échange constructif, ça n'en devient qu'une leçon de vie à sens unique où l'homme va forcément comme le dit l'article tomber de haut et avoir une bonne dose de culpabilité.
Je ne dis pas que c'est pas intéressant (ça permet de se sensibiliser si l'on est pas encore assez) mais concrètement, je ne vois pas ce que ça apporte aux 2 parties en général.

De même, de l'autre côté, on nous parle de chercheurs engagés, mais qui ? quoi ? combien ? Comment ils sont venus ?
Non parce qu'en lisant l'article, on dirait qu'ils pensaient venir en territoire conquis l'air tout fier pour tomber de très haut (amusant d'ailleurs comment l'auteur décrit paradoxalement leur confiance et leur non tolérance ...)
Je trouve ça plutôt étonnant pour ce type de réunion et forcément s'ils étaient comme l'article le laisse à penser (hyper egocentriques, androcentrés alors qu'ils sont à des réunions sur le féminisme, c'est fort sérieux ! C'est comme si dans mon vilain exemple plus haut, les hommes venaient dans un groupe de discussion sur les femmes violées et se mettaient à dire que les hommes violeurs souffrent aussi) se pose sérieusement la question de la représentativité et forcément, on peut tous prédire ce qu'apporte ce genre de discussions.
Les hommes alpha vont retourner chez eux la queue entre les jambes puis ils repartiront invectiver les autres hommes car t'as vu, eux épousent la cause féministe.

- Bref, parti de là, idéalement, il faudrait dans un but d'échange, multiplier les axes de discussions pour un vrai échange non égocentré des 2 côtés (ou le moins possible) et proposer des pistes de recherches vers une amélioration conjointe du système.

Pour le reste de l'article et des propositions, elles découlent directement de la méthodologie donc on ne peut qu'être d'accord dans les limites de l'étude (oui on peut pas se mettre à la place des femmes opprimés sauf si on devient soit même opprimé (ce qui est déjà en pratique peu probable comme tu le dis Kroki), et encore, mais l'apport au final restera très limité à mon avis et n'aide qu'à peu de chose dans l'égalité homme/femme) mais pour une meilleure portée et représentativité, et même si cet apport reste important, je pense qu'il ne devrait pas être ainsi sectorisé.
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Re: Rapports sociaux et position sociale

Message par Nanard » 02 sept. 2017, 04:15

Article très intéressant (j'ai lu que les extraits). Je rajouterais (peut-être en parle-t-il ?) que les hommes féministes vont avoir tendance à être très loquaces sur des oppressions dont ils ne pensent pas être acteurs. Par exemple, trop facile de parler quotas et compagnie, je suis pas patron, trop facile de parler agressions sexuelles, harcèlement de rue, etc. Par contre, les questions de division des tâches domestiques, la "charge mentale", etc, réflexe d'auto-défense et justifications en tout genre à la "ouais mais c'est pas pareil" OTL

On veut s'impliquer mais fuir la culpabilité et la responsabilité. Aider les femmes mais quand même faut pas déconner, y'a quelques privilèges sympas. Il faut que les hommes féministes comprennent que c'est bien beau dénoncer les oppressions systémiques, mais à un moment faut aussi regarder son nombril. C'est pas agréable mais ffs c'est assez primordial. Et pas juste faire "ah ouais je suis comme ça lol" et rien foutre en retour hmm.

Du coup maybe c'est ça la place des hommes dans le mouvement.

Moon : Il me semble que l'article parle des chercheurs hommes en général, à savoir où, bah, dans les universités ? (Ça pourrait même s'appliquer aux militants en général)
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Re: Rapports sociaux et position sociale

Message par Kroki » 02 sept. 2017, 09:46

Moon a écrit :C'est comme si dans mon vilain exemple plus haut, les hommes venaient dans un groupe de discussion sur les femmes violées et se mettaient à dire que les hommes violeurs souffrent aussi
C'est ce qui se passe systématiquement. :tongue:
Nanard a écrit :
02 sept. 2017, 04:15
les hommes féministes
Stp.
Sympathisants ou profems ou que sais-je.
Dans la perspective de l'article le processus décrit par l'auteur est désigné comme anti-masculinisme (puisque cherchant à ""compenser"" l'hégémonie masculiniste liée à la position sociale)
J'ajoute encore des pincettes car même ça théoriquement fait, l'angle d'analyse ne sera pas le même.

Mini-thread : la place des hommes ?

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Re: Rapports sociaux et position sociale

Message par Moon » 02 sept. 2017, 11:57

Nanard a écrit :
02 sept. 2017, 04:15
Moon : Il me semble que l'article parle des chercheurs hommes en général, à savoir où, bah, dans les universités ? (Ça pourrait même s'appliquer aux militants en général)
Non justement, c'est loin d'être clair
Déjà chercheur homme engagé : le terme engagé veut rien dire, ça veut dire qu'ils sont engagés à la cause féministe (ce qui est le plus logique) ou engagé dans "l'étude" ?
Pour chercheurs je cite :
Les personnes présentes disposaient d’informations relativement proches et variées : hétérosexuel-le-s et homosexuel-le-s, novices et ancien-ne-s, universitaires et non universitaires …
ça ne veut strictement rien dire, donc chercheur peut juste vouloir dire ceux qui cherchent le pourquoi de la cause féminine.
C'est franchement pas clair.
Kroki a écrit :
02 sept. 2017, 09:46
Moon a écrit :C'est comme si dans mon vilain exemple plus haut, les hommes venaient dans un groupe de discussion sur les femmes violées et se mettaient à dire que les hommes violeurs souffrent aussi
C'est ce qui se passe systématiquement. :tongue:
Sauf que justement, c'est tout le point des problèmes de méthodologie car tu ne peux absolument pas conclure à ça.
Tout au plus, tu peux dire que ces femmes feministes radicales souffrent et se sentent pas écoutés (j'avais pas besoin de l'article pour comprendre ça) et que la plupart des hommes engagés (dans la cause féminine ?) d'au moins cette étude sont en vrai des fieffés connards qui ne pensent qu'au prestige de ce proclamer féministes.
Le reste ce n'est qu'extrapolation et n'a pas grande valeur de représentativité.
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Re: Rapports sociaux et position sociale

Message par Nanard » 02 sept. 2017, 15:57

Stp Kroki, j'ai dit ça pour simplifier et pour pas perdre les autres lecteurs, je sais bien que c'est pas la même chose, j'ai parlé du fait qu'on devrait pas parler d'hommes féministes sur le topic quota, c'était pas la peine de rebondir là dessus :O

Mais oui sans doute que notre rôle se situe dans l'action et pas dans le discours. Mais c'est infiniment plus facile de parler que d'agir. C'est top l'idée d'une garderie d'hommes ! Par contre je doute que beaucoup leur feraient confiance hmm.
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Re: Rapports sociaux et position sociale

Message par Mme Doloko » 02 sept. 2017, 19:03

"Ne pas parler d'homme féministe mais le féminisme c'est l'égalité des sexes"

https://twitter.com/Patatatrac/status/9 ... 8019758080

https://twitter.com/Patatatrac/status/9 ... 2182652928
[25/02/2018 18:26:36] Alexio le Robot Festif: De toute façon, Kroki il s'exprime toujours bizarrement.

[01:34:04] Luidi l'Enfonceur de Trous: La nuit je suis comme un vampire.
[01:34:09] Luidi l'Enfonceur de Trous: Sauf que je suce des bites.

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Re: Rapports sociaux et position sociale

Message par Kroki » 02 sept. 2017, 20:04

Patatatrac toujours au top !

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Re: Rapports sociaux et position sociale

Message par Mme Doloko » 02 sept. 2017, 20:29

Au top de la haine sans doute
[25/02/2018 18:26:36] Alexio le Robot Festif: De toute façon, Kroki il s'exprime toujours bizarrement.

[01:34:04] Luidi l'Enfonceur de Trous: La nuit je suis comme un vampire.
[01:34:09] Luidi l'Enfonceur de Trous: Sauf que je suce des bites.

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Re: Rapports sociaux et position sociale

Message par Kroki » 02 sept. 2017, 20:34

Comment tu l'as, la haine.
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Re: Rapports sociaux et position sociale

Message par Mme Doloko » 02 sept. 2017, 20:45

Trop cool d'insulter les gens sans raisons et de faire passer ça pour de l’intelligence mdr
[25/02/2018 18:26:36] Alexio le Robot Festif: De toute façon, Kroki il s'exprime toujours bizarrement.

[01:34:04] Luidi l'Enfonceur de Trous: La nuit je suis comme un vampire.
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Re: Rapports sociaux et position sociale

Message par Kroki » 02 sept. 2017, 20:49

Je décide que tes conneries ne sont pas les bienvenues sur ce beau topic résumé Doloko.

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Re: Rapports sociaux et position sociale

Message par shylink » 02 sept. 2017, 21:25

On peut pas parler d'homme féministe ?? là c'est moi qui suis perdu ^^

Je pensais que le féminisme était la lutte contre l'oppression systémique des femmes afin d'atteindre une égalité sociale/politique/économique entre les hommes et les femmes.
Un homme pourrait donc tout à fait soutenir le féminisme, et donc être féministe.

De la même manière, que j'ai toujours cru que le communisme était la lutte contre l'oppression de la classe sociale la plus pauvre, afin d'atteindre une égalité sociale/politique/juridique entre les riches et les pauvres.
Un riche pourrait donc tout à fait soutenir le communisme, et donc être communiste.

Ou encore que l'anti-spécisme était la lutte contre l'oppression des animaux par l'homme. Un Homme pourrait donc tout à fait soutenir l'anti-spécisme, et donc être anti-spéciste.

Je ne troll pas, j'ai toujours pensé que les luttes contre l'oppression et l'exploitation étaient lié (pas pour rien que les libertaires sont également dans la lutte féministe). Par contre, je pensais (peut être naïvement) qu'on pouvait être féministe/communiste/anti-spéciste sans avoir besoin d'être une femme, un pauvre ou un animal.
(tout en sachant que je ne subis personnellement aucune de ces oppressions... ce qui ne m'empèche de lutter activement, notamment pour la dernière d'entre elle)

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Re: Rapports sociaux et position sociale

Message par Kroki » 02 sept. 2017, 22:02

Toute la problématique posée par l'article du premier post repose sur ce qu'il appelle le désavantage épistémologique (oufti), autrement dit le biais induit par le statut social de l'individu dans la classe dominante. L'article n'est pas centré sur la description ou l'explication de ce biais, cela dit la première partie en dit pas mal et ça devrait t'intéresser.

Fondamentalement, le mouvement de libération de la classe opprimée est nourri par elle et ne peut dépendre que d'elle.
D'ailleurs les conquêtes qui ont été décrochées dans la lutte (ou la lutte antiraciste par exemple) l'ont toujours été par elles.
(Et les conquêtes ont ensuite toujours été : consensualisées, pacifiées, édulcorées... Bref, réécrites. Voir les suffragettes, la lutte pour les civil rights, MLK lui-même, Mandela...)

Quant à la comparaison avec le système capitaliste, repense aux syndicats et à la place du patron.
Néanmoins, je pense qu'on atteint là une des limites de cette comparaison, et peut-être que parmi les points fondamentaux, il y aurait le fait que le capitalisme est beaucoup (beaucoup) plus récent et d'avantage lié à des directions politiques concrètes. Le fait qu'il est issu d'une précédente lutte des classes sans doute mais là je suis vraiment pas familiarisé. :tongue:
Il y a, également le fait que l'oppression de sexe traverse les classes sociales (Coline Serreau). L'autre fois on parlait d'une étude sur la répartition genrée du travail conversationnel, et il y avait ce constat qu'en conversation mixte c'est la femme patiente qui est interrompue par l'homme docteur, et c'est la femme docteure qui est interrompue par l'homme patient. C'est une illustration de la transversalité de l'oppression de sexe.
Autre point : les transfuges de classe ça existe. Lors de sa transition, une personne trans passe d'une classe sociale à l'autre, sa perception par la société passe de l'une à l'autre et une femme trans va devenir victime du sexisme (+ de transmisogynie). Le rapport est néanmoins tout différent d'un transfuge de classe sociale genre un pauvre qui devient riche et vice versa.
shylink a écrit :
02 sept. 2017, 21:25
Ou encore que l'anti-spécisme était la lutte contre l'oppression des animaux par l'homme. Un Homme pourrait donc tout à fait soutenir l'anti-spécisme, et donc être anti-spéciste.
Voilà un sujet justement qui fait qu'à mon avis on peut difficilement rapprocher la lutte anti-spéciste des autres luttes : les animaux ne peuvent pas être les acteurs de leur propre émancipation.
On en avait parlé avec Nanard et il m'avait fait remarquer que c'est anthropocentré d'établir ça par rapport à leur incapacité à communiquer avec nous (notre incapacité de communiquer avec eux). Oui c'est vrai, mais on est obligés de composer avec cette incapacité.
Je précise que en disant ça je ne disqualifie pas pour autant l'anti-spécisme.

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